Extraits de Presse

 

    La Revue des livres pour enfants
 

Les Contes d'automne

C'est l'heure du spectacle et le Théâtre du Tilleul rentre en scène dans un autre lieu, un étage plus haut, cette fois sur des gradins de couleur rouge.
Sur la scène, des murs, à la perspective incertaine filant vers une fenêtre, sont peints en jaune cerné de noir : une page de Mathieu à moins que ce ne soit de Toute seule, imaginée par le scénographe Alexandre Obolensky. Un piano, un vieux canapé de cuir marron, deux fauteuils, une feuille d'automne. Entrent les comédiens, livres en main. Car pour ces amateurs de littérature enfantine d'hier et d'aujourd'hui qui ont monté Crasse-tignasse, La fameuse invasion des ours en Sicile, l'univers d'animaux étrangement humains qui peuplent les livres de Solotareff est apparu suffisamment dense et essentiel, touchant au plus profond de l'enfance, pour s'y attaquer. Ils se sont déjà fait la voix avec Moi Fifi qui déjà prend l'air d'un classique. Les voilà aguerris pour traverser les forêts denses. C'est à une lecture musicale, un oratorio, que Carine Ermans, Margarete Jennes, Michel Berckmans, Mark Elst, Carlo Ferrante et Alain Gilbert nous convient ce soir d'automne et la musique est belle car les acteurs ont su capter l'humour acerbe de Solotareff sans en caricaturer les piques. Leurs joutes rapprochées font toujours un petit pas du côté de la tendresse ou du désarroi. Des galipettes il y en a dans ces saynètes alertes et le public rit, même et surtout sans doute parce qu'il perçoit les réflexions graves et pas toujours aimables sur les travers de ces couples, de ces amis qui parfois jouent et rigolent du dérisoire. Humour et gravité pris sur le vif de ces courts textes, lus les lunettes sur le bout du nez avec complicité. Bravo ! on a envie de reprendre ces Contes d'automne, d'enchaîner sur les Contes d'hiver et d'attendre délicieusement installé sous sa couette ou sur les coussins d'une bibliothèque la parution des Contes de printemps.

Élisabeth Lortic, bibliothécaire.
La Joie par les livres. Paris

 

 

    
 

Chaleureux contes de Solotareff

Montés par le Théâtre du Tilleul pour l'événement, ces contes de Grégoire Solotareff, présentés sous forme de lecture musicale ou d'oratorio, mis en scène par Margarete Jennes, traduisent à merveille l'humour dérisoire qui habite l'écrit. Ils s'ouvrent dans un salon terre de Sienne, meublé de fauteuils en cuir patiné comme dans l'atelier de l'artiste, et grandi par une perspective imaginée par Alexandre Obolensky, qui donne ainsi langage particulier au spectacle, rendu d'autant plus vivant qu'il est rythmé par les musiques, toujours aussi pertinentes, tendres et humoristiques de Michel Berckmans et d'Alain Gilbert, piano et basson à l'unisson. Vivant une joie de jouer perceptible et communicative, les comédiens passent d'un conte et d'un ton à l'autre. Bouclées, brunes ou grisonnantes, les comédiennes, Carine Ermans et Margarete Jennes, posent volontiers leurs lunettes sur le bout de leur nez pour s'amuser de ces récits proches de la fable tandis que les hommes, tels trois loups courageux, se réfugient derrière le canapé pour lire leur peur en chur. Ainsi se déroulent, certains jours parmi d'autres, les Contes d'automne écrits par cet auteur-illustrateur majeur de la littérature jeunesse, ces petites fables des temps modernes où la grenouille, qui rêve d'un prince, pourrait malgré tout tomber sous le charme d'une grenouille chauffeur de décapotable; où la souris et l'écureuil risquent de croiser leur intimité même si chacun croit qu'il ne se passe jamais rien entre une souris et un écureuil; où la pie se tait puis s'éloigne à l'étonnement soudain d'un mari plus tyran qu'aimant. Le tout, sous le regard visiblement amusé de l'auteur, présent pour cette belle première.

Laurence Bertels

 

 

    
 

Théâtre/ De piquants « Contes d’automne » aux Tanneurs, à Bruxelles

Des fables plein les oreilles
Le Théâtre du Tilleul picore à plaisir dans l’œuvre de l’auteur pour enfants Grégoire Solotareff

De Jean de la Fontaine, il a gardé les animaux, mais a oublié la morale : Grégoire Solotareff, 50 ans, est un incroyable auteur pour enfants, alliant le comique du dessin à la grande finesse des récits. L’illustrateur français est de ceux qui impressionnent les petits comme les grands.
Complètement séduit, irrémédiablement mordu, le Théâtre du Tilleul a déjà traduit en ombres son livre « Moi, Fifi », et plonge aujourd’hui dans ses « Contes d’automne », brèves fables quotidiennes à consommer au jour le jour – ou toutes à la fois. La compagnie y picore à plaisir, au fil d’un spectacle qui garde la lecture pour clé de voûte.
Quatre hommes, deux femmes, cinq paires de lunettes. Pour donner corps aux contes, l’équipe ne cherche pas midi à quatorze heures. Aux Tanneurs, à Bruxelles, c’est pourtant tout le piquant de l’auteur que l’on se prend en pleine face, sourire aux lèvres et yeux embués. Sans grand déploiement technique, par la grâce d’un univers fait de mots, de couleurs et de musique, le Tilleul réussit à traduire l’inimitable patte de Solotareff, voguant pendant une bonne heure sur le fil qui unit sagesse, humour et dérision.
Tout se passe au salon : une grande pièce à la perspective tronquée, murs rouge orangé, sol ocre, fenêtre carrée. Le peintre Alexandre Obolensky a reproduit grandeur nature une illusion de Solotareff, au milieu de laquelle il a planté quelques fauteuils en cuir patiné. Six zigues viendront habiter ce chaleureux espace pour y lire leurs contes. Hormis ce sage principe, tout est permis : on peut lire en solo, en duo, en chœur, assis, debout, couché, en boule ou même sur le piano ! L’air de rien, avec une sorte d’ironie décidée, parfois un brin prétentieuse, la mise en scène de Margarete Jennes va faire reculer les limites de la lecture, au profit d’un spectacle d’un autre genre, hybride et personnel.

C’est tout le piquant de Solotareff que l’on se prend en pleine face, entre sagesse, humour et dérision

Alain Gilbert (piano) et Michel Berckmans (basson) déploient des trésors d’imagination, notes en contrepoint, harmonies en soutien, et se glissent aussi parmi les comédiens. Avec Carine Ermans, Margarete Jennes, Mark Elst et Carlo Ferrante, ils seront tout-terrain, sautant derrière le sofa quand le loup a peur du mulot, soufflant quand le froid ronge le bec des oiseaux. Les couleurs du spectacle, c’est aussi celles des interprètes : six personnalités que l’on se plaît à observer de près, dans cet univers animal étrange et familier.

Laurent Ancion

 

 

    
 

Six comédiens et musiciens nous convient à une veillée tendresse et sourire : Contes d’automne, de Grégoire Solotareff

Une histoire par jour : tel était le projet de Grégoire Solotareff. Ce célèbre auteur et illustrateur de très nombreux albums pour la jeunesse a réparti sa tâche par saison. Ainsi sont nés les Contes d’automne, puis ceux de l’été et de l’hiver. Bien que les contes de printemps manquent encore à l’appel, ces Contes d’automne ont déjà bénéficié d’une adaptation scénique par le Théâtre du Tilleul. C’est la deuxième fois que cette compagnie, surtout connue pour son travail dans le domaine du théâtre d’ombres, adapte les textes de Solotareff, avec la bénédiction de l’auteur. Cette fois, Carine Ermans et Mark Elst ont uniquement parié sur la bonne vieille scène avec des personnages en chair et en os. On ne tombe pas pour autant dans le théâtre pur et dur, mais dans une forme de spectacle qui s’apparente à l’oratorio, avec des chœurs et des solos. C’est Margarete Jennes qui a été chargée d’orchestrer cette lecture musicale, formée d’une suite d’histoires impertinentes et chaleureuses dont Solotareff fait son ordinaire et où lapins, écureuils, loups ou grenouilles empruntent leurs sentiments aux humains.
Le scénographe Alexandre Obolensky signe cette boîte aux tons ocre qui s’apparente à un salon un peu de travers, avec des vraies fausses portes et fenêtres. Outre un piano, l’essentiel du mobilier tient en un vieux canapé accaparé par les comédiens. Sur le ton de la confidence ou dans le chambard provoqué par quelque frayeur passagère, Carine Ermans, Margarete Jennes, Carlo Ferrante, Mark Elst, ainsi que leurs excellents compères musiciens Michel Berckmans et Alain Gilbert forment un sextuor complice et gentiment subversif. Pour tous à partir de 10 ans.

Lucie Van de Walle

 

 

    Telerama
 
Rêves de Solotareff
Lundi 22.15 - Contes d’automne – La Première (RTBF)

Les comédiens du Théâtre du Tilleul font vivre les fables de Grégoire Solotareff.

Ils sont trois, réfugiés derrière un canapé, cheveux grisonnants, lunettes sur le nez, un livre tendu à bout de bras comme des solistes à l’opéra.
L’instant d’après, ils se retrouvent à quatre à se battre sur un piano comme des gamins survoltés... ça, l’auditeur ne le sait pas. Mais il saisit la bonne humeur de ces quinquas retombés en enfance, pendant l’enregistrement des seize fabulettes de Grégoire Solotareff dans un studio de la Radio Télévision belge francophone à Bruxelles. Pour adapter les Contes d’automne (1) dans un format ultracourt – chaque histoire dure moins de quatre minutes et pourra faire l’objet d’une diffusion indépendante -, les comédiens du Théâtre du Tilleul ont d’abord dû faire un choix. Sélectionner une quinzaine de fables parmi les quatre-vingt-dix écrites par le grand auteur de l’école des loisirs, du premier au dernier jour de l’automne. Ont ainsi été retenues les aventures de Miki le lièvre, d’Agnès la pie et de Mouloud le crocodile qui rêvait du froid. Ces contes moraux – qui mettent en scène, entre autres, une fourmi méritante écrasée par une gigantesque poussette - assument l’héritage des fables de La Fontaine. On goûte particulièrement les nouvelles péripéties du Corbeau et le Renard. « Donc, le Renard partit avec son fromage. Mais, dans sa fuite, ce gros malin était tombé et s’était enduit la fourrure de ce camembert… »
(…)

 

    
 
Voir Solotareff avec les oreilles

« L’être humain a besoin d’histoires, comme il a besoin d’eau (ou de Coca ou de jus d’orange) : tous les jours un peu ». Fort de ce principe, Grégoire Solotareff a imaginé des « Contes de saison » à lire au jour le jour – ou tous d’un coup, miam. Inspiré par l’humour et l’univers imagé de l’auteur français, le Théâtre du Tilleul a décidé de narrer ces brèves aventures de fourmis, des grenouilles ou de loups.
La troupe belge a conçu un spectacle pour la scène, que l’on verra bientôt aux Tanneurs, à Bruxelles, et une création radiophonique, à entendre dès ce soir, si vous êtes sages. Les voix des animaux surprennent, les bruitages sont faits à main nue, ça fleure bon la nature et l’ironie bucolique, en musique !
Les radios de la RTBF diffuseront ces contes par petits bouts, pendant la période des fêtes. Pour l’intégrale, c’est tout de suite. La Première (radio), 22h05, « L’autre écoute ».

 

 

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